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La concurrence dans l’audioprothèse

Audioprothèse : une nécessité

L’audioprothèse n’est pas un bien de consommation ordinaire. En effet, elle sert à compenser et à prévenir un trouble auditif et ses conséquences impactant fortement la qualité de vie. Ainsi, l’audioprothésiste est le seul pouvant proposer une solution afin d’équiper et suivre l’appareillage du patient. Cette relation, basée sur la confiance se poursuivra aux nombres des rendez-vous et du suivi afin de trouver le meilleur moyen de pallier ces troubles de l’audition. Dans ce sens, il n’existe pas de distribution pure, car il s’agit d’un service adapté et personnalisé en fonction du besoin de chacun.


La demande n’a donc pas de rapport avec le prix, car il s’agit d’un bien de nécessité. Ainsi, aux Etats-Unis, il a été constaté que la baisse du coût des appareils de près de 40% n’a eu aucune influence sur le taux d’acquisition de ces derniers.
Mais les contraintes de ce marché sont nombreuses. En effet, des freins psychologiques sont présents : craintes d’être stigmatisé (achat d’un produit pour « vieux »), coûts élevés et difficilement remboursables par la Sécurité Sociale, bénéfices appréciés plusieurs semaines après le début du traitement, etc…
La demande est peu influencée par les variations tarifaires des appareils.

Audioprothèse : Une concurrence de plus en plus rude

Les acteurs de ce marché ne cessent de croître. L’industrie de la fabrication d’aides auditives est très compétitive avec la présence de plusieurs grands acteurs internationaux (Sonova-Phonak, Siemens, Starkey, Widex, GN Hearing, etc.).
La différenciation est au bénéfice du patient qui profite du nombre de choix de plus en plus important, tant en terme de qualité que en terme d’innovation ou de miniaturisation.
En France, le marché est fragmenté. Attirés par la perspective du « papy-boom », environ 200 nouveaux centres sont ouverts par an, ce qui représente une augmentation de 6 à 7% par rapport à la taille du marché.
L’intervention de l’Etat est indispensable pour empêcher une politique du prix vu à la baisse et la détérioration de la qualité des appareils. Ainsi, l’UNSAF, le Syndicat National des Audioprothésistes a mis en place des tarifs négociés pour les appareils d’entrée de gamme accessibles au plus grand nombre. Il souligne qu’une prestation comprenant un équipement haut de gamme relève d’un choix personnel du patient, où la concurrence par le prix, l’innovation et la qualité des services lui seront bénéfiques.

Mais la pression concurrentiel reste forte, sinon, comment expliquer que Amplifon et Audika, leaders du marché français qui représentent 22% à eux deux, aient tous les deux réalisé un exercice 2013 moins bon que les années précédentes avec un chiffre d’affaire en recul de 5% pour le premier ?

Le prix, lié à la perte du pouvoir d’achat des français serait un début solution de réponse. L’autre paramètre à prendre en compte est le refus de s’équiper d’un appareil stigmatisant et soit disant réservé aux personnes âgés.

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