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« Tu me casses les oreilles » une expression remplie de bon sens

“Tu me casses les oreilles” une expression scientifiquement établie

cellules cillées au microscopeL’expression que nous connaissons tous « tu me casses les oreilles » vient tout juste de prendre une tournure scientifique avec une étude menée par des chercheurs de l’université Northwestern à Chicago. En effet, ils ont prouvé l’existence de douleurs auditives par la voie de signalisation sonore. La douleur par le son n’est pas un mythe, mais bien un fait scientifique.

Les douleurs auditives

Le corps humain est orné de récepteurs à la douleur que l’on appelle des nociepteurs. Ils sont reliés au cerveau grâce à des neurones somatiques sensoriels et par l’intermédiaire des signaux nerveux. En revanche, l’organe de la perception auditive que l’on appelle l’organe de corti n’est pas, quant à lui, équipé de récepteurs à la douleur et ceci laisse à penser que notre audition n’y est simplement pas sensible. Dans ce cas, ne pouvons nous pas percevoir de douleurs auditive ? Les travaux américains indiquent que notre perception auditive utilise une autre voie de signalisation pour transmettre la sensation de douleur à notre cerveau.

Selon les américains, la voie utilisée par cet organe sensoriel utilise des neurones de type 2 reliant les cellules ciliées (photo ci-dessus) externes au noyau cochléaire situé dans le tronc cérébral. Les chercheurs ont démontré qu’une instance sonore à forte intensité est capable d’engendrer la mort de ses cellules.

Pour étayer leurs dires, ils ont utilisé des souris de laboratoire dont l’organe auditif se rapproche de celui de l’homme. La voie de signalisation des stimuli sonores des souris va s’assembler avec les cellules ciliées internes du foyer cochléaire par l’intermédiaire de neurones de type 1 (neurone de projection) qui ne transmettront pas la sensation de douleur. Puis dans un second temps, ils ont exposé les mêmes souris pendant une heure avec des sons d’amplitude différentes : 80 dB, ce qui est fort mais pas néfaste à l’audition et 120dB, ce qui est très fort et nocif allant même jusqu’à causer la mort des cellules ciliées. Dans la première expérience, les neurones de type 2 (neurones d’association) n’étaient pas actifs contrairement à la deuxième expérience, ce qui a permis aux chercheurs d’affirmer que ces neurones s’activent si l’environnement sonore détériore les cellules ciliées.

Cette expérience a permis aux chercheurs de poser une nouvelle hypothèse, la voie de signalisation sur la perception auditive s’active par la présence de sons puissants causant la mort des cellules ciliées. Par conséquent, les douleurs auditives relèvent de la mort des cellules ciliées sous l’impact d’un son puissant.

 Source : Flores EN et al. A “non-canonical pathway from cochlea to brain signals tissue-damaging noise”. Current Biology 2015;25(5):606-612

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