Congrès annuel du Syndicat National des Audioprothèsistes

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Congrès annuel du Syndicat National des Audioprothèsistes

L'innovation au service du bien vieillir-miniature

L’innovation au service du « bien »vieillir »

L'innovation au service du bien vieillirLe vendredi 10 avril s’est tenu le Congrès annuel du Syndicat National des Audioprothèsistes. Le Congrès a permis aux professionnels d’échanger avec les scientifiques et politiques.
Ce 37ème rendez-vous a confronté les personnalités du monde de l’audition sur des thématiques cruciales comme la prise en charge des aides auditives par la sécurité sociale et les complémentaires santé.

« La prise en charge des patients souffrant de troubles de l’audition : oubliés de la solidarité nationale ? »
Audioprothèse : Quel rôle des organismes complémentaires d’assurance maladie dans la régulation de l’offre ? »

Dans un contexte de solidarité nationale fragilisée, il ne faut pas oublier certaines priorités de santé publique. Les troubles de l’audition multiplient les risques de démence et augmentent l’accélération du déclin auditif de 30% à 40%. Malgré ces chiffres, l’acquisition de prothèses auditives exige actuellement environ 1 000 euros de reste à charge pour les patients et ceci par oreille, ce qui empêche beacoup les personnes en situation précaire – mais pas seulement – de s’équiper.
Alors que les débats ont réuni l’Unsaf, le Synam, le comité économique des produits de santé – Ceps -, BucodesSurdiFrance – l’union des associations de personnes malentendantes devenues sourdes -, le CNA, le Synea, le CTIP, MGEN et Carte Blanche Partenaires avec la présence de leurs représentants et/ou dirigeants respectifs.

 Bien entendre pour prévenir le déclin cognitif

Le congrès, comme chaque année, a fait le point sur l’état d’avancement des recherches en audiologie, une journée a été dédiée à cette vocation. Cette journée a permis d’aborder la problématique du déclin cognitif causé par la malaudition. De nombreux chercheurs ont pu présenter leurs travaux, comme Helene Amieva, chercheur à l’Inserm de Bordeaux dont la prestation risque de bouleverser le monde de l’audition. Ces travaux montrent que l’appareillage permet de compenser et la presbyacousie et de ralentir le déclin cognitif. Les résultats confortent les professionnels de l’audition dans leur conviction mais aussi leur offrent de nouvelles perspectives. Cette étude approfondit l’enquête réalisée par Frank Lin en 2011 sur le lien entre perte auditive et déclin cognitif. L’équipe de chercheurs de l’Inserm s’est appuyée sur une base de données importante : la cohorte PAQUID – constituée de 3 777 personnes âgées de 65 ans et plus, suivies depuis 25 ans. La base sert initialement d’outil pour étudier la maladie d’alzheimer ainsi que le déclin cognitif sous toutes ses formes. À l’aide de ces données, les scientifiques ont mis l’accent sur le lien entre appareillage et aptitude cognitive. La problématique de l’audition entre désormais dans les critères du « bien vieillir » aux yeux des pouvoirs publics et du monde scientifique.

Par ailleurs, le Dc Sharon Kujawa chercheur de la prestigieuse Harvard Business School a quant à elle présenté les résultats des travaux de son équipe sur les surdités cachées. Ces études apportent un fait encore peut connu, un patient dont l’audiogramme semble normal peu tout de même avoir des dommages sur ses structures nerveuses, plus particulièrement sur les synapses qui font la liaison entre les cellules cillées et les neurones cochléaires. Les recherches du Dc Kujuwa ont mis en évidence qu’un individu peut avoir une perte auditive avec un audiogramme normal, mais il reste une interrogation : Quelles sont les conséquences anatomiques sur l’audition, puisque les audiogrammes sont normaux ? L’hypothèse apportée et qu’elles seraient liées à une diminution de la compréhension de la parole et ceci surtout dans les environnements bruyants.

 L’avenir des métiers paramédicaux

Le professeur Lionel Collet (conseiller d’état) s’est exprimé à la suite des exposés effectués par les chercheurs quelques heures plus tôt : « Ce matin, plusieurs exposés, et je pense notamment à celui d’Héléne Amieva, ont montré que le vieillissement de la population, l’arrivée de la presbyacousie et l’augmentation des patients présentant un état démentiel, donc en situation de perte d’autonomie, sont une chance pour votre profession, aussi dramatique soit-elle ». Tout montre que l’appareil auditif serait la seule barrière à ces risques. Les études renforcent également la légitimité des associations luttant auprès des pouvoirs publics pour la reconsidération de la prise en charge des appareils auditifs qui va de pair avec l’intérêt des audioprothésistes.

Les industries de la santé

Le professeur Collet s’est vu confié deux missions par le Premier Ministre : Coordonner le conseil stratégique des industries de la santé dans le but d’avoir une vrai politique d’attractivité pour les industriels de la santé comme les fabricants d’appareils auditifs. Il a également précisé l’importance de trouver les moyens d’anticiper les innovations du domaine.

Retarder la perte d’autonomie

Toujours selon le conseiller d’état, c’est dans la qualité des études médico-économiques que réside la réponse au financement de la perte auditive. Dans les prévisions, le budget est destiné à croître – de 10 milliards d’euros d’ici 2040- tout comme le nombre de personnes souffrant de troubles auditif.

 

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